Imaginez une route sans aucun village sur son parcours — ni feu tricolore à Tsarytchanka, ni embouteillage à l’entrée de Kobeliaky. Pendant cinq ans, ce chantier dans les steppes de la région de Dnipropetrovsk est resté gelé. Aujourd’hui, les engins de chantier y travaillent de nouveau, et une nouvelle voie de la future route s’élève là où s’étendait autrefois un terrain vague.
Il s’agit de la route H-31 Dnipro–Rechetylivka, un projet qui pourrait devenir la première véritable autoroute d’Ukraine au sens européen du terme : sans croisement à niveau, avec des échangeurs et des passages en tunnel à la place des feux tricolores. Pour les maîtres d’ouvrage publics et le secteur de la construction, c’est un signal important : même en temps de guerre, les grands contrats d’infrastructure ne restent pas de simples documents, ils avancent réellement sur le terrain.
Ce qui se construit précisément dans la région de Dnipropetrovsk
La deuxième phase de la route H-31 Dnipro–Rechetylivka représente 30 kilomètres de chaussée neuve, pour un coût de 10,6 milliards de hryvnias. Les travaux ont repris après une pause d’environ cinq ans : le projet avait été gelé avant même d’être achevé, et les travaux ne viennent que de reprendre. À titre de comparaison, il s’agit de l’un des projets routiers les plus coûteux du pays de ces dernières années, la route H-31 elle-même visant le statut de première autoroute à part entière — avec voies séparées et échangeurs à la place des carrefours.
- L’entrepreneur général de la deuxième phase est la société « Avtomahistral-Pivden ».
- La nouvelle route contournera Tsarytchanka, Kobeliaky et Rechetylivka.
- Elle se raccordera à la route internationale M03 Kyiv – Kharkiv – Dovjanske.
- Le projet est mis en œuvre dans le cadre du programme public « Grande Construction ».
Construction de tunnels sur la route : une grue de 250 tonnes et les premiers passages souterrains
Sur les cinq passages souterrains prévus pour les engins agricoles et les routes locales, quatre sont actuellement construits simultanément. L’un d’eux — long de 30 mètres, avec une section de 6 sur 4,5 mètres — se trouve déjà en phase finale de montage. Pour édifier ces structures, une grue Liebherr de 250 tonnes, dotée d’une flèche de 60 mètres, a été amenée et installée sur le chantier — un équipement que l’on ne voit pas sur un chantier de réfection routière ordinaire.
Sur les sections déjà achevées, les finisseurs d’asphalte sont à l’œuvre : l’asphaltage se poursuit, ainsi que l’étanchéification des buses de drainage et la pose des bordures. Selon l’entrepreneur, une ouverture partielle à la circulation de la deuxième phase est prévue avant la fin de cette année.
Pourquoi cela dépasse le cadre de la région de Dnipropetrovsk
L’essentiel n’est ni le kilométrage ni même les milliards en jeu, mais le fait que le maître d’ouvrage public a fait passer du dossier d’études au chantier réel un projet resté des années sur le papier. Pour la région, cela ouvre de nouvelles possibilités logistiques pour l’exportation agricole et le transit, et allège la charge de trafic dans trois localités qui se trouvaient jusque-là sur le passage des poids lourds et des voitures. Pour le secteur de la construction, c’est un exemple de la façon dont un ouvrage d’ingénierie complexe — avec tunnels et échangeurs, et non un simple ruban d’asphalte — peut être réalisé par étapes, par des entrepreneurs capables de travailler à ce niveau de complexité. De tels ouvrages exigent non seulement des engins lourds comme une grue de 250 tonnes, mais aussi l’expérience nécessaire pour mener plusieurs points d’ingénierie de front — une question non pas d’argent, mais de compétence de l’entrepreneur.
Tandis que certaines routes sont encore rapiécées après l’hiver, d’autres sont tracées à neuf — et ce type de projet rappelle que la reconstruction du pays ne se limite pas à réparer ce qui a été détruit, mais consiste aussi à construire ce qui n’existait tout simplement pas auparavant.
Source : Nashe Misto

