Imaginez une cave où, chaque jour lors d’une alerte, des centaines de personnes se précipitent : des écoliers avec leur sac à dos, des grands-mères avec leur caddie, des employés de bureau avec leur ordinateur portable sous le bras. Il y a deux ans encore, certaines de ces caves n’étaient qu’un simple débarras rempli de tuyaux et de toiles d’araignée. Aujourd’hui, ce sont des espaces aménagés, avec des bancs, un éclairage et une ventilation, et c’est précisément pour ce type de transformation que Kyiv a trouvé cette année plus d’un milliard de hryvnias.
La réfection des abris à Kyiv n’est pas une ligne budgétaire abstraite de la construction, mais une question de sécurité quotidienne pour les trois millions d’habitants de la capitale. Et c’est en même temps un chantier concret et transparent pour les entreprises de construction, réparti chaque année entre les administrations d’arrondissement par le biais des marchés publics.
Combien coûte la sécurité : les chiffres du budget consacré aux abris à Kyiv
Les fonds alloués ont été annoncés par Petro Panteleïev, premier adjoint par intérim du chef de l’administration municipale de Kyiv. Voici les principaux chiffres :
- Plus de 1,1 milliard de hryvnias sont prévus dans le budget 2026 de Kyiv pour la construction, la réfection et l’aménagement des abris et des refuges.
- Entre 2022 et 2025, la ville a déjà consacré environ 7 milliards de hryvnias à ces travaux, dont 4,5 milliards directement pour la réfection et l’équipement adéquat des installations.
- Depuis le début de l’invasion à grande échelle, près de 3 000 ouvrages de protection ont été remis en état dans la capitale.
- Kyiv compte actuellement plus de 4 300 abris en fonctionnement.
Qui est responsable de la construction et de la réfection des ouvrages de protection
L’argent du budget municipal ne reste pas concentré dans une seule structure : il est réparti entre les administrations d’arrondissement, car ce sont elles qui sont responsables des installations de protection civile sur leur territoire, de la réfection lourde des caves d’écoles à l’aménagement de nouveaux abris antiradiations dans les jardins d’enfants. La priorité va aux zones où les abris manquent le plus : les quartiers dortoirs sans station de métro, les ensembles résidentiels éloignés, les secteurs à forte densité de population.
Une partie de ces ouvrages de protection civile n’est pas une réfection, mais une construction neuve. Ainsi, dans l’arrondissement de Darnytsia, deux nouveaux abris antiradiations ont déjà été livrés dans des jardins d’enfants, et des projets ponctuels similaires apparaissent dans chaque arrondissement, selon la densité du bâti du secteur et la présence, à proximité, d’un parking souterrain ou d’une station de métro pouvant également servir de refuge.
Ce que cela signifie pour le secteur de la construction
Pour les entrepreneurs, c’est le signal d’un segment stable, et non d’une injection de fonds ponctuelle. Depuis quatre années consécutives, le volume de financement des ouvrages de protection augmente, et les marchés eux-mêmes passent par Prozorro au niveau de chaque administration d’arrondissement séparément, les entreprises doivent donc suivre les appels d’offres non pas dans un seul grand concours, mais dans dix arrondissements de la ville en parallèle. C’est un marché où l’emporte non pas la publicité la plus tapageuse, mais la réputation de l’entrepreneur qui livre le chantier à temps et sans reproche des organes de contrôle. De plus, les exigences applicables aux abris eux-mêmes ne se limitent plus depuis longtemps à un coup de peinture sur les murs : il faut une ventilation adéquate, un éclairage de secours, des sanitaires, et même une réflexion sur l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le budget de Kyiv finance donc en réalité des ouvrages de taille modeste mais techniquement complexes, où le prix d’une erreur de l’entrepreneur ne se mesure pas en amende, mais en sécurité humaine.
Derrière ces chiffres budgétaires arides se cache un travail on ne peut plus concret et pourtant vital : transformer une cave froide en un lieu où l’on peut attendre la fin d’une alerte sans compter les minutes dans l’angoisse. C’est précisément à partir de ces chantiers ponctuels, parfois discrets, que se construit la reconstruction du pays, pas seulement de grands ponts et des usines, mais aussi chaque abri, réalisé avec qualité et dans les délais.
Source : Interfax-Ukraine

