La sonnerie du 1er septembre retentira dans presque toutes les écoles de la capitale — mais « presque » est le mot clé ici. Cet été, la rénovation des écoles de Kyiv s’est transformée en une course entre les équipes de construction et le calendrier : un établissement frappé par les bombardements devait redevenir une école avant que les enfants ne s’assoient à leur pupitre. Pour certains, ce sera un premier cours tout à fait ordinaire. Pour d’autres, ce sera le premier cours dans une salle de classe qui, au printemps encore, n’avait pas de fenêtres.
Ce n’est pas une ligne abstraite dans un rapport de plus, mais un travail concret sur des toits, des fenêtres et des réseaux de chauffage bien précis. Pour les autorités municipales, les entreprises et les parents, tout se résume à une seule échéance — le 1er septembre — et l’on sait désormais à quel point la capitale s’en est approchée.

314 établissements scolaires touchés depuis le début de la guerre
Selon l’administration municipale de Kyiv, 314 établissements scolaires ont été endommagés dans la capitale depuis le début de l’invasion à grande échelle. Pour la seule année 2026, 107 d’entre eux ont été touchés par des bombardements — pratiquement un établissement scolaire sur dix dans la capitale. Valentyn Mondrievskyi, adjoint au chef de l’administration municipale, a indiqué que des travaux de rénovation sont actuellement en cours dans 47 écoles et 41 jardins d’enfants à la fois.
- 314 établissements scolaires endommagés à Kyiv depuis 2022
- 107 établissements touchés par des bombardements en 2026
- 47 écoles et 41 jardins d’enfants en cours de rénovation actuellement
- 5 écoles n’achèveront pas leurs travaux avant le 1er septembre

Cinq écoles qui ne seront pas prêtes pour la sonnerie
Malgré la mobilisation des équipes de construction, tous les établissements n’ont pas respecté le calendrier. Dans le district de Chevtchenkivskyi, les travaux ne seront pas terminés avant la rentrée dans les écoles n° 101, n° 73 et n° 199. Dans le district de Darnytsia, il s’agit du lycée n° 160 et de l’école spécialisée n° 10. Pour ces établissements, le 1er septembre ne marquera pas la fin des travaux, mais le début d’un enseignement mixte : une partie des cours se déroulera en présentiel, une autre à distance, pendant que les équipes achèvent ce qui n’a pas pu être terminé avant la sonnerie. Les élèves de ces cinq établissements devront, pendant quelques semaines, s’adapter à un emploi du temps qui ne dépend pas seulement des sonneries, mais aussi du calendrier de pose des fenêtres et de la toiture.

Ce que la rénovation des écoles de Kyiv signifie pour une ville sous les bombes
Le chiffre « un établissement sur dix » a de quoi inquiéter, mais il cache aussi une autre histoire : la ville ne se contente pas de comptabiliser les destructions, elle les répare de manière systématique. La rénovation simultanée de 88 établissements scolaires représente la logistique de milliers d’ouvriers, de dizaines d’entreprises et de fournisseurs de matériaux, qui travaillent alors qu’un bombardement peut se reproduire dès le lendemain. Les toitures sont refaites, les fenêtres posées et les réseaux de chauffage installés sans aucune garantie que tout ne devra pas être refait le jour suivant — et c’est précisément cette poursuite obstinée des travaux qui constitue la preuve la plus convaincante de la résilience du secteur de la construction de la capitale.
Il est également révélateur que la grande majorité des 107 établissements touchés cette année parviennent malgré tout à être prêts pour la sonnerie. Les cinq écoles qui fonctionneront en format mixte ne traduisent pas un échec du calendrier, mais reconnaissent honnêtement à quel point la saison de rénovation de cette année a été dense : il fallait refaire les toitures, changer les fenêtres, poser les réseaux de chauffage et préparer les dossiers pour des dizaines d’établissements distincts, chacun constituant une histoire de chantier à part entière, avec ses propres délais de livraison de matériaux et ses propres équipes.
Tandis que certaines équipes repeignent encore les murs des classes du district de Chevtchenkivskyi, d’autres calculent déjà les matériaux pour la prochaine saison de travaux — car la reconstruction, comme tout grand chantier, ne s’arrête pas à une simple sonnerie. Elle se poursuit chaque jour, sur des dizaines de chantiers à travers tout le pays.



