17.07.2026

Appel d’offres pour la construction de nouvelles capacités de production : comment l’Ukraine comble son déficit de gigawatts

Imaginez une soirée à Kharkiv ou à Soumy : le soleil se couche, les bouilloires, les climatiseurs et les lignes de production s’allument — et c’est précisément cette heure de pointe du soir qui, depuis deux ans, reste le point le plus vulnérable d’un système énergétique méthodiquement visé par les missiles. Cet été, l’État a répondu à cette vulnérabilité non par une nouvelle promesse, mais par un appel d’offres pour la construction de nouvelles capacités de production — d’une ampleur inédite pour l’Ukraine.

Pour le secteur de la construction, les autorités locales et tous ceux qui travaillent avec les marchés publics, ce n’est pas une simple nouvelle énergétique. C’est un signal : au cours des deux prochaines années, de nouveaux sites industriels représentant des milliards de hryvnias d’investissements seront construits dans sept régions — ce qui implique des études de conception, des entrepreneurs, une logistique de matériaux et des emplois pour des dizaines d’équipes de construction.

Les faits en bref

  • le 9 juillet 2026, une nouvelle étape de l’appel d’offres pour la construction de plus de 1,5 GW de nouvelles capacités de production au gaz hautement flexibles a été lancée — selon le premier vice-Premier ministre et ministre de l’Énergie Denys Chmyhal, il s’agit du plus grand appel d’offres pour la construction de capacités de production depuis l’indépendance de l’Ukraine.
  • déjà le 16 juin, le Conseil des ministres avait élargi le volume de l’appel d’offres de 1 322 MW à 1 505 MW, en ajoutant un lot distinct de 183 MW pour la région de Dnipropetrovsk, afin de sécuriser le nœud énergétique de Dnipro.
  • les capacités ont été réparties entre sept régions : les régions de Kyiv et de Tcherkassy — 250 MW, les régions de Soumy, de Kharkiv et de Poltava — 872 MW au total, la région de Dnipropetrovsk — 283 MW, la région d’Odessa — 100 MW.
  • les investisseurs disposent de 20 jours à compter du lancement de l’appel d’offres pour soumettre leurs remarques et propositions sur les conditions ; une réunion distincte de la commission de sélection avec les participants potentiels est prévue pour le 29 juillet.
  • l’incitation proposée aux investisseurs est une rémunération pour la disponibilité de la capacité : jusqu’à 27,92 centimes d’euro par kWh pendant cinq ans après la mise en service de l’installation.
  • le gouvernement compte mettre en service toutes les nouvelles capacités avant la fin de 2027.
  • le président du conseil d’administration d’Ukrenergo, Vitaliy Zaichenko, a déclaré que l’intérêt des investisseurs pour cet appel d’offres est déjà perceptible, malgré l’ambition de l’objectif.

Les conditions de l’appel d’offres pour la construction de nouvelles capacités

La principale différence de cette étape par rapport aux précédentes est sa précision. Les lots ne sont pas liés à des mégawatts abstraits, mais à des nœuds énergétiques déficitaires précis, particulièrement vulnérables en raison des bombardements et de leur proximité avec le front. Seules de nouvelles installations n’ayant jamais fonctionné auparavant peuvent participer — il ne s’agit donc pas de moderniser des capacités existantes, mais de construire à partir de zéro : fondations, salles des turbines, raccordement aux réseaux.

Ce que cela change pour l’énergie et le secteur de la construction

Il ne s’agit pas d’une subvention ponctuelle, mais d’un instrument de marché : l’État fixe un tarif pour cinq ans et transfère le risque de construction à l’investisseur privé, en se réservant le rôle de fixer les conditions plutôt que d’exécuter seul les travaux. Pour les régions, cela signifie de nouveaux sites industriels et des contrats pour plusieurs années ; pour le système énergétique, une réserve de capacité précisément aux heures du soir où le réseau a le plus besoin d’un filet de sécurité.

Chacune de ces installations est avant tout un projet de construction : appels d’offres pour la conception, l’achat d’équipements, l’édification des structures. Et tandis que certains parlent de gigawatts, d’autres calculent déjà les mètres cubes de béton et les délais de livraison des turbines — c’est ainsi qu’une décision gouvernementale sur papier se transforme en un véritable chantier pour les deux prochaines années.

Source : LIGA.net

 

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