15.09.2026

Abris dans les immeubles neufs : la loi qui change les règles pour les promoteurs

Imaginez un immeuble neuf de deux cents logements — avec parking souterrain, aire de jeux pour enfants, et pas un seul endroit où se mettre à l’abri en cas d’alerte aérienne. Il y a une semaine encore, c’était parfaitement légal. Aujourd’hui, un abri dans les immeubles neufs est une condition obligatoire, sans laquelle aucune commission ne réceptionnera le bâtiment.

Le 8 septembre 2026, la loi n° 4778-IX est entrée en vigueur en Ukraine, et c’est à partir de cette date que la sécurité a cessé d’être un souhait ou une bonne volonté du promoteur : elle est devenue une condition sans laquelle un ouvrage ne peut tout simplement pas être mis en service. Pour un secteur déjà habitué à travailler chaque année selon de nouvelles règles, c’est sans doute le changement le plus fondamental depuis longtemps.

Cette nouvelle concerne littéralement tous les acteurs de la construction : maîtres d’ouvrage publics, communautés locales, promoteurs privés, architectes — et bien sûr, les futurs habitants. Plus encore, la loi ne concerne pas que le logement : les écoles, les hôpitaux et d’autres établissements fréquentés quotidiennement y sont également soumis.

Ce qu’exige exactement la loi sur les abris dans les immeubles neufs

La Rada a adopté la loi dès le 10 février 2026, le président l’a signée le 6 mars, et une période de transition de six mois a laissé le temps aux constructeurs de s’y préparer. Maintenant qu’elle est terminée, les dispositions clés sont entrées en vigueur :

  • les nouveaux immeubles d’habitation, écoles, hôpitaux et un certain nombre d’autres établissements ne peuvent être mis en service sans abris ou ouvrages à double usage ;
  • les ouvrages de protection civile doivent obligatoirement figurer dans les documents d’urbanisme à tous les niveaux — du plan directeur d’une communauté jusqu’au projet d’un bâtiment précis ;
  • des abris mobiles simples doivent apparaître dans les lieux de forte affluence — arrêts de transport, parcs, sites industriels ;
  • tous les nouveaux abris doivent être conçus en tenant compte de l’accessibilité pour les personnes handicapées et les autres personnes à mobilité réduite.

La responsabilité en cas d’absence d’abris

La loi ne s’est pas limitée aux exigences de conception : elle a immédiatement fixé aussi le prix de la négligence. Refuser l’accès à un abri pendant une alerte est passible d’une amende de 1 700 à 3 400 hryvnias. La violation des règles d’entretien des ouvrages de protection est passible d’une amende de 2 550 à 5 100 hryvnias, portée à 5 100–8 500 hryvnias en cas de récidive dans l’année. Pour les propriétaires et les organismes exploitants, cela signifie que les abris devront désormais non seulement être construits, mais aussi maintenus en permanence en état de fonctionnement.

Ce que cela change pour le secteur du bâtiment

L’effet principal de cette loi ne tient pas au montant des amendes, mais au fait que la sécurité cesse d’être une option dans un cahier des charges pour devenir une partie aussi obligatoire d’un projet que les fondations ou la toiture. Les promoteurs devront intégrer le coût des abris dans le budget dès le départ, plutôt que de « mettre l’ouvrage aux normes » après coup. Pour les maîtres d’ouvrage publics et les communautés, c’est une ligne supplémentaire, mais parfaitement prévisible, dans les plans de construction — et, in fine, une garantie que les nouvelles écoles ou hôpitaux ne reproduiront pas la triste expérience d’ouvrages construits sans aucune protection.

Le pays continue de construire, même en pleine guerre — et la loi n° 4778-IX rend ce processus un peu plus honnête : désormais, la sécurité des habitants est intégrée au projet dès le premier plan, et non ajoutée après coup comme un compromis.

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Expertise SpecServis sur ce sujet : Construction et entretien d’abris

Source : Minfin

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